Les comptes 2025 présentent un bénéfice de 170’623 francs après versement de 800’000 francs à la réserve de politique budgétaires et 128’838 francs versés pour les financements spéciaux.
Revenus
Les revenus (nature 4) s’élèvent à 11’167’742 francs.
Les revenus fiscaux (nature 40) s’élèvent à 8’162’624 francs, dont 5’885’640 francs pour les personnes physiques (nature 400), 969’699 francs pour les personnes morales (nature 401) et 1’125’320 francs pour les autres impôts directs (nature 402).
Les taxes (nature 42) rapporte 1’473689 francs et les revenus financiers (nature 44) rapportent 214’957 francs.
Les revenus de transferts (nature 46) s’élèvent à 1’023’614 francs.
Charges
Les charges (nature 3) s’élèvent à 10’868’281 francs.
Les charges de personnel (nature 30) s’élèvent à 1’217’420 francs et restent stables par rapport aux années précédentes. Un tout petit plus pour le personnel administratif, un petit moins pour les autorités.
Les charges des biens et services (nature 31) sont inférieurs d’environ 280’000 francs par rapport aux comptes 2024 et s’élèvent à 1’705’779 francs. Cette baisse est liée à une diminution d’acquisition de matériel (nature 310) pour 60’000 francs environ et à l’alimentation et élimination des biens-fonds du patrimoine administratif (nature 312) pour 100’000 francs environ.
Les prestations de services et honoraires (nature 313) restent relativement stables à hauteur de 514’891 francs.
L’entretien du patrimoine administratif est également inférieur d’environ 60’000 francs et s’élève à 375’885 francs.
L’amortissement du patrimoine administratif (nature 33) se monte à 701350 francs, soit 55’000 francs de plus qu’en 2024, largement expliqué pour un amortissement non planifié de travaux de génie civil pour un montant de 88’322 francs (conduite sur Prêle amorti en 1 fois).
Les charges de transferts (nature 36) se montent à 5’857’604 francs, un montant inférieur de 1’150’000 francs environ à 2024. Ceci s’explique par une simplification du calcul pour la répartition des charges entre l’État et la commune concernant la répartition des charges de l’action sociale.
A noter, une augmentation des prestations sociales individuelles (nature 3637) de plus de 40’000 francs par rapport à 2024 et qui se monte en 2025 à 817’098 francs.
Investissements
Le total des investissements engagés en 2025 se montent à 1’131’258 francs.
Le principal investissement en 2025 est l’acquisition du petit bâtiment de la paroisse réformée situé à côté de la mairie et l’école primaire.
Les panneaux solaires sont entrés en fonction le 27 avril 2025. La borne pour chargement des véhicules électriques sera actvivée d’ici la fin du mois d’avril. Cela a permis de régler le problème des infiltrations d’eau.
Le remboursement des communes de Alle et du Clos-du-Doubs pour les nouvelles cibles du stand de tir de Courtemautruy se monte à 83’885 francs. Le canton a versé sa part (52’785 francs).
La charge concernant le changement de chauffage se monte à 147’972 francs.
Le canton a participé à hauteur de 64’152 francs pour la rénovation des vestiaires.
La rénovation du toit de la cabane du Pichoux se monte à 38’779 francs.
Les charges d’investissement pour les routes communales s’élèvent à 364’728 francs, dont 279’648 pour la rue Pré Lidos. S’ajoute 108’991 francs pour la réfections de 2 tronçons de chemins communaux.
Les investissements concernant les conduites d’eau sont couvertes par les taxes prélevées auprès des consommateurs de la communes pour un montant total de 170’622 francs.
L’aménagement du cimetière voté en 2023 est enfin inscrit aux comptes d’investissements 2025 pour un montant de 152’281 francs.
Un montant de 20’350 francs est inscrit pour le PAL qui n’est toujours pas en vigueur (3 recours sont encore pendants).
Commentaires
Rien de particulier à dire sur les chiffres.
La réserve pour politique budgétaire a été plus que reconstituée (prélèvement de 550’000 francs en 2024).
Les intérêts sur la dette à moyen et long terme s’élèvent à 219’013 francs, ce qui représente sur les dépenses de la commune, hors des transferts de charges, moins de 4 %.
A noter les points suivants :
Toutes les charges sont inférieures à celles budgétées, sauf au niveau de l’aide sociale aux privés 770’000 au lieu de 600’000 budgété qui s’explique par l’augmentation des montants à verser par personne.
Cantine (ouvertes aux enfants de la 5e à la 8e, car le CAPE à Courgenay ne les prends pas en charge : la gestion est depuis la rentrée scolaire 2025 reprise par la commune, 3 personnes à temps partiel ont été engagées, le BaBar prépare les repas. 15 francs par jour et par enfant indépendamment du revenu des familles. Ce qui est parfaitement scandaleux et contraire aux règles usuelles.
Le total des actifs s’élève à 24’769’504 francs. Le patrimoine financier de la commune est de 6’887’641 francs en augmentation de près de 1 million depuis le 31.12.2024. Le patrimoine administratif (essentiellement l’immobilier) est de 17’881’863 francs.
Le montant de la dette est de 14’332’300 francs.
Le capital propre est de 9’811’188 francs.
En bref, la commune n’est pas en difficulté financière. Et l’horizon ne semble pas s’assombrir.
Les investissements sont en retard et restent plus que modestes pour ne pas dire insuffisant tant du côté des bâtiments de l’administration et des bâtiments scolaires que pour améliorer la situation de la mobilité et de la sécurité en particulier des enfants se rendant à l’école. Les développements pour l’autonomie énergétique n’avancent pas. La majorité a préféré transférer la responsabilité des développement à une société anonyme qui évidemment va s’engager sur des projets rentables pour les actionnaires privés et non pour le bien de la population.
La majorité du Conseil communal ne veut pas investir pour améliorer la situation, elle freine même des 4 fers pour assurer l’entretien minimum du patrimoine public, en particulier en ce qui concerne la distribution de l’eau. Certes la détection des fuites s’est améliorée, mais le plan prévu ne peut pas avancer sous le faux prétexte de finances limitées. Cette manière de fonctionner de la majorité met en péril le futur de la commune.
La seule bonne nouvelle est la mise en fonction des panneaux photovoltaïques sur les locaux techniques et de l’activation de la borne électrique de chargement.
Ces comptes 2025 montrent clairement que les finances de la commune sont saines et qu’il est possible d’investir de manière importante pour développer ce qui améliore la situation de la majorité de la population en particulier dans le domaine de la sécurité routière, de la diminution du bruit lié au trafic, de l’entretien des bâtiments publics, des prestations pour favoriser les échanges, le partage, le vivre ensemble de la commune.
Annexe : Les excédents pour les directions des finances, la facture pour la population
Analyse menée par Reto Wyss, secrétaire syndical USS
Finances cantonales 2025
Comme chaque année, les comptes cantonaux affichent un résultat bien meilleur que prévu. Mais ces excédents ne sont pas gratuits : la population en paie la facture, notamment à travers les paquets d’économies mis en œuvre par les cantons et des réductions de primes insuffisantes. Il est temps que ces pratiques cessent.
À la mi-avril, les résultats des comptes 2025 sont désormais disponibles pour l’ensemble des cantons. Comme toujours, ceux-ci bouclent sur un résultat nettement meilleur que budgété. En 2025, l’écart se révèle toutefois plus marqué que ces dernières années. Pour 2025, les cantons tablaient sur un déficit total de 1,12 milliard de francs dans leurs comptes de résultats. Au final, ils affichent un excédent de 2,81 milliards. Autrement dit, les cantons se sont trompés de près de 4 milliards de francs. Pour mémoire, en 2024 déjà, les cantons s’étaient déjà largement fourvoyés en 2024, mais l’écart entre budget et comptes n’atteignait « que » 2,41 milliards de francs.
Excédents : rien d’étonnant
Presque tous les cantons justifient ces écarts significatifs par des effets inattendus sur les recettes, sous forme de rentrées fiscales plus élevées et de distributions de bénéfices de la Banque nationale (BNS). S’agissant des impôts, on ne peut pas parler de surprise : ces recettes supplémentaires découlent d’une pratique récurrente, selon laquelle les cantons sous-estiment délibérément les recettes, alors qu’ils ne font pas preuve de la même prudence pour les dépenses. Quant aux bénéfices de la BNS, la distribution multipliée par trois n’était certes pas prévisible au moment de l’établissement des budgets. Mais là aussi, les cantons se sont manifestement montrés beaucoup trop prudents dans leurs budget (la moitié des cantons s’attendait à une absence de distribution, ou tout au plus à une distribution simple). Pour autant, l’effet BNS n’est pas décisif. Car même en le mettant de côté, l’écart entre les budgets et les comptes cantonaux atteint encore 2,61 milliards de francs, soit davantage que l’année précédente.
La population paie la facture
Le problème de l’excédent n’est pas l’excédent en soi, mais le fait qu’il ne puisse pas être utilisé. Dans presque tous les cantons, il atterrit dans le mécanisme du frein à l’endettement ou est mis en réserve. Pour en arriver là, il a bien fallu que quelqu’un paie la facture, au sens propre. Et cette facture, c’est la population qui la règle. L’an dernier encore, les ménages à bas et moyens revenus ont dû faire face à des coûts bien trop élevés, souvent en hausse, pour l’accueil extrafamilial des enfants. Ils ont aussi payé l’addition d’une politique du logement ratée, avec des loyers qui continuent de flamber. Et surtout, ils ont encaissé un nouveau coup de massue avec les primes d’assurance-maladie. Imaginez un instant que les cantons n’aient pas simplement mis une partie ces excédents de côté, mais les aient utilisés au bénéfice de la population (laquelle paie au final les impôts). Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour voir ce que cela changerait.
Réductions de primes : au bon vouloir des cantons
Prenons l’exemple des réductions des primes d’assurance-maladie. Celles-ci grimpent massivement depuis des années. Autrement dit, les assuré-e-s doivent sans cesse participer à la progression des coûts de l’assurance de base de manière dynamique. Les cantons, eux, ne participent pas dynamiquement à cette hausse. Ils déterminent à leur guise les moyens consacrés aux réductions et bien souvent, ils renoncent à les augmenter. Parfois, ils les réduisent même – en dépit de la croissance de la population et de la progression des primes. Le minimum serait donc que les cantons affectent une partie de leurs excédents à un allègement des assuré-e-s.
Réductions de primes : en faire plus pour la population, exemple chiffré
En 2025, les primes ont augmenté en moyenne de 5,7 %. Si l’on tient aussi compte de la croissance démographique, la somme totale des primes a progressé de 2,60 milliards de francs par rapport à l’année précédente. Avec leurs excédents, qui atteignent 2,81 milliards de francs, les cantons auraient donc les moyens d’absorber entièrement cette hausse en 2025, tout en restant dans les chiffres noirs. Et s’ils se limitaient à prendre en charge l’augmentation des primes des assuré-e-s qui bénéficient déjà de réductions de primes (en moyenne 29,5 % des assuré-e-s), la facture ne serait que de 768 millions de francs. Il leur resterait alors encore 2,04 milliards de francs d’excédent.
Pour une famille de quatre personnes au bénéfice de réductions de primes, cela représenterait un allègement de 700 francs. En comparaison, ce montant est à lui seul sept fois supérieur à la prétendue « aide aux ménages » mise en avant au printemps dans la campagne autour de l’initiative SSR « 200 francs, ça suffit ! ».
Conclusion
Il est temps que les cantons soulagent réellement les finances de la population. Le moyen le plus simple et le plus rapide est d’augmenter les réductions de primes d’assurance-maladie. Mais avant toute chose, les cantons doivent renoncer aux paquets d’économies insensés que bon nombre d’entre eux s’apprêtent à lancer ou appliquent déjà. Continuer à économiser sur le dos de la population est non seulement indécent du point de vue des finances publiques, mais également totalement malvenu au regard de la conjoncture actuelle.